L’ombre de mes écrits

L’ombre de mes écrits

Le Contrat

Sur ce qu'un murmure peut instaurer

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Nicolas Pautremat
juil. 30, 2026
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Approche-toi. Je ne parle pas plus fort pour ceux qui restent au fond.


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Rapproche-toi. Assez près pour que je sente ta faim. Assez près pour que tu sentes la mienne. Il est temps d’écrire les règles qui ne concernent que nous.



Viens.

Descends. Pose tes mains sur le sol. Avance vers moi lentement, sans quitter mes yeux, jusqu’à ce que tes genoux touchent les miens.

Maintenant pose ta joue sur ma cuisse.

Laisse moi caresser tes cheveux pendant que je te parle. Ce que j’ai à te dire ne se dit pas debout, face à face, comme une conversation ordinaire. Ce que j’ai à te dire se murmure. Et tu l’entendras mieux dans cette position — Parce qu’ici, ton corps comprend déjà ce que ta tête met encore du temps à admettre.

Respire.

Tu peux encore partir. Je veux que tu le saches avant tout le reste. Personne ne te retiendra. La porte n’est pas fermée, elle ne le sera jamais. C’est même la seule règle qui ne se négocie pas : Tu gardes, à chaque instant, le pouvoir de tout arrêter.

Mais si tu restes — si tu choisis d’avancer pas à pas dans ce que je suis — alors ne le fais pas à moitié…

Je t’observe depuis le début, tu sais.

Pas comme les autres hommes t’ont observée. Leur regard s’arrêtait à la surface — la tienne est bien plus polie, tu y as travaillé. Le mien cherche les interstices. Ce qui dépasse malgré toi.

Depuis notre première conversation, je mesure ta manière d’écouter, de répondre, de tester mes limites pour vérifier si j’en avais. Je note ce qui te fait baisser les yeux et ce qui te les fait relever. Je regarde comment tu réagis quand je ne réagis pas.

C’est ma façon de faire. Avant d’aller plus loin, je prends le temps de savoir si ton désir est une curiosité passagère ou un appel plus profond. Certaines connaissent déjà mon monde avant de me rencontrer — C’est lui qui les attire, bien avant moi. D’autres le découvrent lentement, à mesure que je laisse voir cette part de ce que je suis.

Toi, tu savais.

Je l’ai vu à ta manière de ne pas poser de questions trop vite. Tu voulais que je vienne à toi sans que tu aies eu à demander. Tu voulais être choisie sans avoir l’air de l’avoir cherché.

C’est chose faite.

Maintenant écoute moi, parce que ce qui suit est la partie que la plupart des gens ne comprennent jamais.

À partir d’ici, ce ne sera plus une question de désir. Le désir, tout le monde en a. Il s’allume et s’éteint, il se trompe de cible, il ment. Ce qui commence ce soir est une question de confiance. Et la confiance est beaucoup plus dangereuse que le désir — parce qu’elle ne peut pas se retirer sans laisser de traces.

La soumission ne commence pas lorsque tu baisses les yeux.

Elle commence lorsque tu cesses de me cacher ce que tu attends de moi.

C’est pour ça que nous allons écrire. Pas ce soir, mais bientôt. Un document entre nous deux. Le contrat. Le mot te fait peut-être sourire — Il fait sourire toutes celles qui n’ont pas encore compris. Elles imaginent un accessoire de film, un jeu de rôle pour adultes qui s’ennuient. Elles se trompent.

Ce contrat sera la chose la plus honnête que tu auras jamais signée.

Dedans, je poserai ce que je désire. Ce que je peux assumer. Ce que je veux découvrir avec toi. Les limites qui, de mon côté, ne bougeront pas. Et il restera de la place. Beaucoup de place. Pour tes mots à toi. Tes refus. Tes conditions. Ce que tu n’as encore jamais osé demander à personne — Parce que les hommes d’avant prenaient sans lire, et qu’on n’ose pas confier ses vraies envies à quelqu’un qui ne sait pas quoi en faire.

Je veux tes limites énoncées clairement. Je veux ton mot d’arrêt choisi par toi, un mot qui n’appartient qu’à nous. Je veux savoir ce qui te fait reculer. Et je veux savoir ce qui te donne envie de rester malgré la peur — Parce que c’est là, exactement là, que se trouve ce que tu es venue chercher.

Un véritable échange de pouvoir ne repose pas sur la force.

Il repose sur une certitude : Celle que tu pourrais tout interrompre d’un seul mot, à n’importe quel instant et que tu choisis pourtant de continuer.

Ce pouvoir n'existe pas en moi. Il n'existe qu'entre nous et uniquement tant que tu le maintiens en vie.

Je ne prendrai rien que tu n’auras décidé de me confier. Mais ce que tu placeras entre mes mains, je le tiendrai comme personne ne l’a jamais tenu. Ton corps quand il tremblera. Tes contradictions quand elles se battront entre elles. Cette part de toi qui exige le contrôle toute la journée, devant tout le monde, et qui rêve en silence de le déposer quelque part — Pas n’importe où, pas entre n’importe quelles mains. Entre des mains qui savent ce qu'elles tiennent et qui mesurent, à chaque instant, le privilège d'avoir été choisies.

Quand je te donnerai un ordre, je regarderai moins ta manière d’obéir que ce qui se passera en toi au moment de le faire.

Ce conflit minuscule entre ta volonté et ton envie. Cette résistance que tu entretiendras encore un peu, pour ne pas céder trop vite et vérifier que je mérite ce que tu t’apprêtes à donner. J’aime cette résistance. Je ne cherche pas à l’écraser. Elle est la preuve que ta soumission, quand elle viendra, sera une décision et non un réflexe.

Ne confonds jamais domination et brutalité.

Je n’ai pas besoin de te briser pour obtenir quoi que ce soit. Ne te méprends pas non plus sur ma douceur. Elle n’est pas une promesse que tout sera doux. Il y aura des soirs où mes mains ne murmureront pas. Des soirs où tu découvriras ce que ce corps sait faire quand il a reçu la permission d’aller plus loin. Mais cette intensité là, je ne la donne qu’à celle qui l’a demandée — écrite, formulée et signée. La brutalité qui n’a pas été choisie est une violence. Celle qui a été désirée est un cadeau.

Les hommes qui brisent sont des hommes qui n’ont pas trouvé d’autre chemin vers ce qu’ils veulent. Moi je veux que tu restes entièrement consciente au moment où tu me donnes ce que tu me donnes. Je veux que chaque oui pèse son poids exact. Je veux que tu saches, à chaque permission accordée, que ta soumission n’est pas une faiblesse. C’est une lucidité poussée jusqu'à l’extase.

Tu comprendras vite qu'il est inutile de me composer un visage. Ton corps parle un langage plus ancien que ta prudence et cette langue là, je la lis couramment depuis longtemps.

Ce jour-là, je saurai que nous avons franchi la première limite. Pas celle que tu m’auras fixée dans le contrat. Celle-là, je la respecterai toujours.

L’autre.

Celle que tu avais construite en toi, il y a longtemps, pour ne plus jamais avoir à faire confiance à personne. C’est elle que je suis venu chercher. Et c’est la seule que j’aurai la patience d’attendre aussi longtemps qu’il le faudra.

Le silence entre nous, en ce moment même, dit déjà plus que tout ce que je viens de murmurer. Tu l'entends. Il a la texture des choses qui commencent.

Maintenant relève la tête, regarde moi.

Rapproche-toi. Assez près pour que je sente ta faim. Assez près pour que tu sentes la mienne. Il est temps d’écrire les règles qui ne concernent que nous.

Tu peux me répondre maintenant.


🔒

Oui, Monsieur. Mais montrez- moi jusqu’où ça peut aller.

J’ai souri. Elle ne savait pas encore ce qu’elle venait de demander […]

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